Thursday, February 12, 2026

New Orleans - French Opera House 1909
















The French Opera House of New Orleans, also known as the Théâtre de l’Opéra, occupies a unique and often underestimated place in the cultural history of the United States. Opened in 1859 in the heart of the French Quarter, it quickly became far more than a performance venue: it was the social, artistic, and symbolic center of elite life in New Orleans until its destruction by fire in 1919. Today, the site is occupied by a hotel, but the legacy of the opera house continues to resonate far beyond its physical disappearance.

From the years following the Civil War until the First World War, the French Opera House was the most fashionable establishment in New Orleans. The opening night of the opera season marked the opening of the city’s social season itself. Attendance was not merely about music; it was a ritual governed by traditions, hierarchies, and long-established customs. To be seen at the opera—especially in one of the coveted box seats or loges grilles—was an affirmation of status. The oldest and most prominent families of New Orleans owned these boxes, which were passed down through generations and functioned almost as hereditary symbols of social standing.

The repertoire of the French Opera House reflected this refined world. Opera was at its core, but the stage also hosted ballets and high-society balls, reinforcing its role as a comprehensive cultural institution. In this respect, the French Opera House functioned much like the Vienna State Opera does today: a place where music, social life, and identity converged.

Beyond its local importance, the French Opera House played a pioneering role in American operatic history. Contrary to the widespread assumption that New York was the primary gateway for European opera into the United States, New Orleans frequently held that distinction in the nineteenth century. Thanks to its strong French cultural ties and its status as a major port city, New Orleans often received operatic works before Philadelphia, New York, or Boston. In this sense, the city—and the French Opera House in particular—was a true innovator.

Numerous operas were heard for the first time on American soil at this theater, especially works from the French repertoire. Operas by Massenet, Gounod, Lalo, Ambroise Thomas, Saint-Saëns, as well as later verismo composers such as Cilea and Giordano, found enthusiastic audiences there. One of the most striking examples is Le roi de Lahore by Jules Massenet. Although rarely performed today, the opera was a sensation when it premiered in New Orleans in 1883, becoming the triumph of the season. Society flocked to the performance, and it was widely discussed as a major artistic event.

Another landmark was Massenet’s Esclarmonde, first heard in America at the French Opera House in 1893. Like Le roi de Lahore, it belongs to a tradition of grand French opera that once captivated audiences but has since receded from mainstream performance. Yet these works were central to the musical life of New Orleans, where audiences were receptive, knowledgeable, and eager for the newest European creations.

It is important not to confuse the French Opera House with its predecessor, the Théâtre d’Orléans, which dominated operatic life in New Orleans during the first half of the nineteenth century. The Théâtre d’Orléans was also immensely influential and was responsible for many American premieres, but its performances were given exclusively in French, even when presenting Italian operas. Works such as Anna Bolena, Lucia di Lammermoor, and even Verdi’s Il trovatore—performed there in French—testify to the city’s deep-rooted Francophone operatic tradition.

Together, these two theaters established New Orleans as the earliest and most sustained operatic center in the United States. The French Opera House, in particular, embodied a moment when the city stood at the crossroads of Europe and America, absorbing and transmitting artistic innovation with remarkable sophistication.

Though the building itself no longer stands, the French Opera House remains a powerful symbol of a time when New Orleans led the nation in operatic culture, social ritual, and artistic ambition—a legacy that deserves far greater recognition in the broader narrative of American music history.




















Le Théâtre de l’Opéra français de La Nouvelle-Orléans, communément appelé French Opera House (Théâtre de l’Opéra), et son prestigieux prédécesseur, le Théâtre d’Orléans, constituent ensemble un chapitre fondamental — et trop souvent méconnu — de l’histoire culturelle et musicale des États-Unis. Bien avant que New York ne s’impose comme capitale lyrique du pays, La Nouvelle-Orléans fut le premier grand foyer de l’opéra en Amérique, un lieu où l’Europe musicale trouvait un prolongement naturel sur le continent américain.

Le Théâtre d’Orléans : le berceau de l’opéra en Amérique

Le Théâtre d’Orléans, inauguré en 1815 rue d’Orléans, entre Royal et Bourbon, fut le plus important théâtre lyrique de La Nouvelle-Orléans dans la première moitié du XIXᵉ siècle. Conçu par Louis Tabary, réfugié de Saint-Domingue, il incarne dès l’origine le caractère profondément francophone et cosmopolite de la ville. Après un premier incendie, il fut reconstruit et rouvrit en 1819, accompagné de l’élégante Orleans Ballroom, toujours en usage aujourd’hui.

Sous la direction de John Davis, puis de Pierre Davis et enfin de Charles Boudousquié, le Théâtre d’Orléans devint un centre lyrique d’envergure internationale. Les représentations y étaient données exclusivement en français, y compris pour des opéras italiens, souvent présentés dans des adaptations françaises qui circulaient alors dans toute l’Europe.

C’est dans ce théâtre que furent données un nombre exceptionnel de premières américaines, bien supérieur à celui du French Opera House ultérieur. Dès 1819, le public de La Nouvelle-Orléans découvrait Jean de Paris de Boieldieu. Suivirent rapidement des œuvres majeures du répertoire romantique français et européen : La dame blanche, La muette de Portici, Zampa, Robert le diable, Les Huguenots, La Juive, Le prophète, Le comte Ory, Guillaume Tell ou encore La fille du régiment.

Fait remarquable, plusieurs opéras italiens emblématiques furent entendus pour la première fois en Amérique au Théâtre d’Orléans, en version française : Anna Bolena, Lucie de Lammermoor, La favorite, Don Pasquale, et même Il trovatore de Verdi, présenté en 1857 sous le titre Le trouvère. Cette pratique reflète non seulement la domination culturelle française à La Nouvelle-Orléans, mais aussi le goût raffiné d’un public habitué aux nouveautés européennes les plus audacieuses.

Le Théâtre d’Orléans fut détruit par un incendie en 1866, mettant fin à une époque héroïque de l’opéra en Amérique. Pourtant, son héritage allait se prolonger et s’épanouir dans un nouveau lieu.

Le French Opera House : l’âge d’or mondain et artistique

Ouvert en 1859, le French Opera House, situé au cœur du Vieux Carré, devint rapidement le centre névralgique de la vie sociale et culturelle de La Nouvelle-Orléans jusqu’à sa destruction par le feu en 1919. Si le Théâtre d’Orléans avait été le laboratoire des premières américaines, le French Opera House fut l’incarnation du prestige, de la mondanité et de la continuité d’une grande tradition lyrique.

Entre la guerre de Sécession et la Première Guerre mondiale, il fut l’établissement le plus élégant et le plus en vue de la ville. L’ouverture de la saison d’opéra marquait officiellement l’ouverture de la saison mondaine. Assister à une représentation n’était pas seulement un acte culturel, mais un événement social codifié, régi par des rituels précis. Les familles les plus anciennes et les plus influentes possédaient des loges — les célèbres loges grilles — transmises de génération en génération.

À l’instar de l’Opéra de Vienne aujourd’hui, le French Opera House n’était pas uniquement un lieu d’opéra : on y donnait également des ballets et des bals de la haute société, renforçant son rôle central dans l’identité culturelle de la ville.

Sur le plan artistique, le théâtre confirma le rôle pionnier de La Nouvelle-Orléans dans la diffusion de l’opéra en Amérique. De nombreuses œuvres françaises y furent entendues avant New York, Boston ou Philadelphie. Le répertoire de Massenet, Gounod, Lalo, Ambroise Thomas, Saint-Saëns, mais aussi de compositeurs italiens de la fin du siècle comme Cilea et Giordano, y occupait une place essentielle.

Parmi les événements les plus marquants figure la création américaine de Le roi de Lahore de Jules Massenet en 1883, qui fut le triomphe de la saison et un véritable phénomène social. Plus tard, Esclarmonde, autre chef-d’œuvre de Massenet, y fut entendue pour la première fois en Amérique en 1893, confirmant le goût du public de La Nouvelle-Orléans pour les œuvres les plus ambitieuses et novatrices de l’opéra français.

Une capitale lyrique oubliée

Ainsi, bien avant que l’opéra ne devienne synonyme de New York, La Nouvelle-Orléans fut la véritable porte d’entrée de l’opéra en Amérique. Le Théâtre d’Orléans posa les fondations, en offrant au public américain une quantité impressionnante de premières, tandis que le French Opera House porta cette tradition à son apogée artistique et mondaine.

Même si ces théâtres ont disparu, leur héritage demeure celui d’une ville qui, pendant plus d’un siècle, fut à l’avant-garde de la vie lyrique américaine, un carrefour unique où l’Europe musicale trouvait un écho passionné et sophistiqué sur les rives du Mississippi.

Wednesday, February 11, 2026

Madrid - Lisette Oropesa - 10th Feb 2026

 

Lisette Oropesa - Teatro Real de Madrid - 2026

On 10 February 2026, a date destined to remain engraved in the memory of the Teatro Real, Giuseppe Verdi once again triumphed in Madrid. The concert performance of I Masnadieri became far more than a revival of a rarely performed opera: it turned into a historic evening, illuminated by the extraordinary artistry of Lisette Oropesa, whose voice transformed the night into something unforgettable.

From her first phrases as Amalia, Oropesa revealed a vocal purity and expressive intensity that immediately captivated the audience. Her soprano, luminous and agile, combined crystalline high notes with a refined legato and a deep emotional sincerity. It was a voice capable of both delicacy and dramatic fire—precisely the qualities Verdi demands from this complex heroine.

Amalia Reborn

In Act II, Amalia’s great scena and aria sequence—“Dall’infame banchetto io m’involai” followed by “Tu del mio Carlo al seno”—was delivered with a dramatic arc of remarkable coherence. Oropesa shaped the phrases with elegance and restraint, allowing the emotion to grow naturally, never forcing the voice, yet filling the hall effortlessly.

But it was the cabaletta “Carlo vive?… Oh caro accento” that ignited the theater. Sung with dazzling brilliance, fearless agility, and radiant top notes, the performance unleashed an explosion of applause that simply would not subside. The ovation became so overwhelming that the orchestra could not proceed. The only possible outcome was a bis—and when Oropesa repeated the cabaletta, she sang it with even greater freedom, confidence, and joy.

The Teatro Real erupted. Applause thundered from every corner of the hall. It was one of those rare moments when time seems suspended, when performer and audience breathe as one.

Echoes of London, 1847

The power of this evening inevitably recalled the opera’s world premiere in London, at Her Majesty’s Theatre on 22 July 1847. On that historic night, I Masnadieri was conducted by Verdi himself, and the role of Amalia was sung by Jenny Lind, the legendary Swedish soprano known across Europe as the Nightingale of Sweden.” Her success was immense; Queen Victoria herself was present, and London was swept away by Lind’s voice and Verdi’s music.

Nearly two centuries later, history seemed to repeat itself.

Just as Jenny Lind embodied the ideal Verdi soprano of her time, Lisette Oropesa emerged in Madrid as the perfect Amalia of ours. Her performance bridged eras, reminding us of the youthful Verdi’s melodic invention, his dramatic urgency, and his gift for writing music that allows the human voice to soar.

The Nightingale of Madrid

By the end of the evening, there was no doubt left in the hall: Lisette Oropesa had written her name into the history of the Teatro Real. Her high notes—effortless, gleaming, and perfectly focused—her expressive intelligence, and her sheer vocal beauty earned her a place alongside the great sopranos associated with this role.

If Jenny Lind was the Nightingale of Sweden, then on this unforgettable night, Lisette Oropesa became the Nightingale of Madrid.

Verdi triumphed once again at the Teatro Real—this time carried on the wings of an extraordinary voice. It was a night of pure opera, pure emotion, and pure history.

A night Madrid will not soon forget.



Lisette Oropesa, le rossignol de Madrid : Verdi triomphe à nouveau au Teatro Real

Le 10 février 2026 restera comme une date mémorable dans l’histoire du Teatro Real de Madrid. Ce soir-là, Giuseppe Verdi, l’un des piliers absolus de l’opéra italien, y connut un nouveau triomphe grâce à une interprétation d’exception de I Masnadieri, donnée en version de concert. Au centre de cette soirée historique se trouvait une artiste dont la voix, la musicalité et l’intelligence dramatique ont marqué les esprits : Lisette Oropesa.

Dès son entrée en scène dans le rôle d’Amalia, la soprano a imposé une présence vocale rare, faite de lumière, de noblesse et d’émotion sincère. Sa voix, d’une pureté cristalline, s’élève avec une facilité déconcertante, tout en conservant une ligne de chant d’un raffinement exemplaire. Oropesa possède cette qualité si précieuse chez les grandes verdiennes : l’art de faire chanter l’âme à travers la technique.

Verdi, Londres et la naissance d’un mythe

Pour comprendre la portée de cette soirée madrilène, il faut remonter à Londres, en 1847, année de la création mondiale de I Masnadieri au Her Majesty’s Theatre. Giuseppe Verdi, alors âgé de trente-quatre ans, dirigeait lui-même l’orchestre. À ses côtés, la légendaire Jenny Lind, surnommée le Rossignol de Suède, incarnait Amalia. Le succès fut immense, en présence de la reine Victoria, et consacra définitivement Verdi sur la scène internationale.

L’œuvre, inspirée de Schiller, appartient à cette période de jeunesse du compositeur où l’élan dramatique, la fougue romantique et l’écriture vocale virtuose se mêlent avec intensité. Le rôle d’Amalia exige une soprano capable d’unir souplesse belcantiste, projection héroïque et émotion contenue — des qualités que Lisette Oropesa possède de manière presque idéale.

Une Amalia de référence

Lors de la grande scène de l’Acte II — « Dall’infame banchetto io m’involai », suivie de l’air « Tu del mio Carlo al seno » — Oropesa a construit un portrait bouleversant d’Amalia, mêlant fragilité et force intérieure. Chaque phrase était ciselée avec un sens du mot et du souffle remarquable, chaque nuance pensée, jamais appuyée.

Mais c’est dans la cabalette « Carlo vive?… Oh caro accento » que la magie s’est véritablement produite. Portée par des aigus éclatants, sûrs, lumineux, la soprano a déclenché une ovation telle que l’orchestre a dû s’interrompre. Le public, en délire, n’a laissé d’autre choix que celui du bis. La reprise fut encore plus électrisante, libérée, triomphale. Le Teatro Real vibrait, littéralement, sous les applaudissements.

Le Teatro Real et Verdi : une histoire d’amour

Ce triomphe n’est pas un hasard. Le Teatro Real entretient depuis toujours un lien profond avec l’œuvre de Giuseppe Verdi. On se souvient notamment du succès éclatant de La forza del destino, opéra dont l’histoire est intimement liée à Madrid, puisque l’œuvre fut commandée pour la capitale espagnole et créée en 1862. Verdi y trouva un public fervent, passionné, capable de comprendre la profondeur humaine et dramatique de sa musique.

Depuis lors, Verdi n’a cessé de revenir, triomphalement, sur cette scène. Et ce 10 février 2026, son retour fut glorieux, porté par une voix qui semble née pour son univers musical.

Lisette Oropesa, soprano idéale pour Verdi

Lisette Oropesa s’impose aujourd’hui comme l’une des sopranos verdiennes les plus accomplies de sa génération. Son interprétation de Violetta dans La Traviata a déjà conquis les plus grandes scènes du monde, grâce à son sens du style, son émotion jamais démonstrative et sa virtuosité naturelle. Amalia confirme cette affinité profonde avec Verdi : une voix capable de la plus tendre introspection comme de l’élan le plus exalté.

Si Jenny Lind fut le Rossignol de Suède, Lisette Oropesa est désormais le Rossignol de Madrid. Sa voix, par sa clarté, son agilité et sa beauté, a fait renaître l’esprit même du romantisme verdien.

Un rêve belcantiste : Anna Bolena

Et pourtant, au-delà de Verdi, un rêve demeure. On ne peut s’empêcher d’imaginer Lisette Oropesa dans l’un des sommets du bel canto romantique : Anna Bolena de Gaetano Donizetti. Ce rôle, qui exige à la fois virtuosité, noblesse tragique et profondeur psychologique, semblerait taillé sur mesure pour elle. Sa sensibilité, son intelligence musicale et la pureté de ses aigus feraient d’elle une Anna Bolena inoubliable, digne des plus grandes.

Une nuit pour l’histoire

Ce fut donc bien plus qu’un concert. Ce fut une page d’histoire écrite au Teatro Real, une rencontre entre passé et présent, entre Verdi et Madrid, entre tradition et renouveau. Grâce à Lisette Oropesa, Verdi a une fois encore triomphé, rappelant que l’opéra, lorsqu’il est servi avec un tel art, reste une expérience bouleversante et intemporelle.

Une nuit pour la mémoire.
Une nuit que Madrid mettra longtemps à oublier.

El 10 de febrero de 2026 quedará inscrito con letras doradas en la historia del Teatro Real de Madrid. Aquella noche, la versión de concierto de I Masnadieri de Giuseppe Verdi se transformó en un acontecimiento extraordinario, en una de esas raras ocasiones en que el tiempo parece detenerse y la música, servida por una voz excepcional, adquiere una dimensión casi histórica. En el centro de ese triunfo estuvo Lisette Oropesa, verdadera protagonista de una velada que Madrid tardará mucho en olvidar.

Desde su primera intervención como Amalia, Oropesa reveló una afinidad profunda con el lenguaje verdiano. Su voz, de una pureza luminosa, se desplegó con una naturalidad asombrosa, combinando agilidad belcantista, proyección segura y una expresividad sincera, nunca exagerada. Cada frase estuvo cargada de intención, cada matiz cuidadosamente pensado, confirmando que estamos ante una soprano que no solo posee una técnica excepcional, sino también una inteligencia musical fuera de lo común.

Verdi y el nacimiento de un mito operístico

Para comprender plenamente la magnitud de esta noche, es necesario mirar hacia el pasado. I Masnadieri se estrenó mundialmente en Londres, en el Her Majesty’s Theatre, el 22 de julio de 1847, bajo la dirección del propio Verdi. El compositor, aún joven pero ya reconocido, contaba entonces con una de las mayores estrellas de la época: Jenny Lind, la legendaria soprano sueca conocida como el Ruiseñor de Suecia. La presencia de la reina Victoria y el éxito clamoroso de la función consagraron tanto a la ópera como a su protagonista.

Amalia es un rol exigente, concebido para una soprano capaz de unir lirismo, virtuosismo y una intensidad dramática contenida. Es un personaje que requiere un dominio absoluto del canto, pero también una profunda sensibilidad expresiva. En su momento, Jenny Lind encarnó ese ideal. En nuestro tiempo, Lisette Oropesa ha demostrado ser su heredera natural.

Una Amalia para la historia

En el segundo acto, la gran escena y aria de Amalia —«Dall’infame banchetto io m’involai» y «Tu del mio Carlo al seno»— fue interpretada por Oropesa con una mezcla perfecta de elegancia, emoción y control vocal. La línea de canto fluyó con una pureza conmovedora, mientras la soprano construía un retrato íntimo y profundamente humano del personaje.

Pero fue la cabaletta «Carlo vive?… Oh caro accento» la que desató la auténtica apoteosis. Con agudos radiantes, perfectamente emitidos, y una energía contagiosa, Oropesa encendió al público del Teatro Real. Los aplausos fueron tan insistentes que la orquesta no pudo continuar. El bis se volvió inevitable. En la repetición, la soprano cantó con aún mayor libertad, provocando una ovación ensordecedora. El teatro entero vibró.

El Teatro Real y Verdi: una relación profunda

Este triunfo se inscribe en una larga historia de amor entre el Teatro Real y Giuseppe Verdi. Madrid ocupa un lugar privilegiado en la biografía del compositor. La forza del destino, una de sus obras más emblemáticas, fue representada en la capital española  por primera vez y estrenada allí en 1863 con un éxito rotundo. Verdi viajó a Madrid y encontró un público apasionado y receptivo, capaz de comprender la profundidad humana y el dramatismo de su música. La forza del destino estará ligada con el Teatro Real para siempre . Verdi estuvo unos 25 días en Madrid y seguidamente viajó a Andalucia antes de volver a París junto a su esposa Giuseppina Strepponi. 

Desde entonces, el Teatro Real ha sido escenario de innumerables triunfos verdianos. La velada del 10 de febrero de 2026 confirma que esa tradición sigue viva y que Verdi continúa emocionando, con la misma fuerza, cuando su música es interpretada por artistas de excepción.

Lisette Oropesa, la soprano ideal para Verdi

Lisette Oropesa se ha consolidado como una de las grandes sopranos de su generación, especialmente en el repertorio verdiano. Su Violetta en La Traviata ya es considerada de referencia, gracias a su dominio del estilo, su sensibilidad dramática y su capacidad para unir virtuosismo y emoción. Amalia confirma esa afinidad natural con Verdi: una voz capaz de la más delicada introspección y del más ardiente ímpetu dramático.

Si Jenny Lind fue el Ruiseñor de Suecia, Lisette Oropesa es hoy, sin duda, el Ruiseñor de Madrid. Sus agudos luminosos, su timbre puro y su elegancia innata han conquistado al público madrileño de manera definitiva.

Un sueño belcantista: Anna Bolena

Y sin embargo, más allá de Verdi, surge inevitablemente un sueño. Pensar en Lisette Oropesa es pensar también en el gran repertorio belcantista. Resulta imposible no imaginarla como Anna Bolena de Gaetano Donizetti. Ese papel, que exige virtuosismo extremo, nobleza trágica y una profunda introspección psicológica, parece hecho a su medida. Su musicalidad, su control técnico y su sensibilidad artística harían de ella una Anna Bolena memorable, digna de las grandes intérpretes de la historia.

Una noche para la eternidad

Lo ocurrido en el Teatro Real fue mucho más que un concierto. Fue una noche histórica, un diálogo entre pasado y presente, entre Verdi y Madrid, entre la tradición y la renovación. Gracias a Lisette Oropesa, la música de Verdi volvió a triunfar con fuerza arrolladora, recordándonos que el arte del canto, cuando alcanza este nivel de excelencia, sigue siendo una experiencia profundamente conmovedora y eterna.

Una noche para recordar.
Una noche que Madrid no olvidará jamás.

Monday, February 9, 2026

New York - Lady Macbeth - Lise Davidsen - 22 Sep 2026 - Season Opening Night
















On September 22, 2026, there will be no place in the world where an opera lover should be but Manhattan. That night, the curtain at the Metropolitan Opera House will rise to open the season with an event already generating fervor in all operatic circles: Lise Davidsen's debut as Lady Macbeth.

The great Norwegian soprano, one of the most imposing, majestic and admired voices of our time, will take on for the first time one of the most feared and fascinating roles ever written by Giuseppe Verdi.

Lady Macbeth is no ordinary role. It is a vocal and dramatic abyss. Verdi, obsessed with expressive intensity, had the soprano from the Florence premiere rehearse more than 150 times. He wasn't looking for conventional beauty: he demanded character, ferocity, darkness, theatrical electricity. New York, as demanding as Verdi himself, expects exactly that.

And Davidsen has everything she needs to set the stage ablaze.

After her dazzling Isolde in Barcelona—a worthy heir to the great Wagnerian repertoire—and her memorable Toscas and Leonoras, the soprano now faces a different challenge: less heroic and more venomous; less luminous and more demonic. Her instrument, ample, steely, and noble, must be tinged with shadows to embody the ambitious and terrible wife of the Scottish tyrant. Expectations are sky-high. The emotion, uncontainable.

A lineage of goddesses

By taking on this role, Davidsen joins a legendary lineage:

Elena Souliotis,

Birgit Nilsson,

Leonie Rysanek

Shirley Verrett,

Maria Guleghina,

Michele Crider,

and, above all in the collective imagination, the immortal Maria Callas.

All of them carried Lady Macbeth to Olympus. Now, a new star is ready to claim her place.

A stellar cast for a historic evening

The Met Orchestra will be conducted by its music director, Yannick Nézet-Séguin, a guarantee of dramatic tension and sonic refinement.

The evening's Macbeth will be the prestigious baritone Quinn Kelsey, whose powerful voice and stage presence promise an intense and tormented portrayal of the ambitious king. Alongside him, the imposing Banquo of Ryan Speedo Green will bring depth and nobility, while Macduff will be played by Freddie De Tommaso and Rafael Davila.

The new production will be directed by Louisa Proske, with set design by Jon Bausor, costumes by Montana Levi Blanco, and lighting by Adam Silverman. The choreography will be by Jorrell Lawyer-Jefferson, and the fight direction by Ran Arthur Braun, with the chorus prepared by Tilman Michael.

The Night That Will Make History

All of New York will be there. And half the planet will fly to the United States to not miss the performance of the year. The best seats are already coveted. Because this isn't just a season opening: it's the crowning achievement of one of today's most acclaimed sopranos in one of the most extreme roles in the repertoire. My favorite recording is by Maria Callas. She captures the character's ruthless ambition with ferocity and profound psychological understanding, especially in arias like "La luce langue." Maria Callas not only sings, but performs with a ferocity and psychological nuance that make Lady Macbeth an unforgettable character. 

September 22, 2026, will be one of those dates that, decades from now, will be remembered with a sigh: "I was there."

And when Davidsen utters her first line—dark, hypnotic, relentless—we will know that we are witnessing the birth of a new Lady Macbeth for the ages. 

El 22 de septiembre de 2026, no habrá lugar en el mundo donde un amante de la ópera deba estar más que en Manhattan. Esa noche, el telón del Metropolitan Opera House se alzará para inaugurar la temporada con un evento que ya genera entusiasmo en el mundo de la ópera: el debut de Lise Davidsen como Lady Macbeth.

Sí, está confirmado. La gran soprano noruega, una de las voces más imponentes y admiradas de nuestro tiempo, interpretará por primera vez uno de los papeles más temidos y cautivadores jamás escritos por Giuseppe Verdi.

Lady Macbeth no es un papel cualquiera. Es un abismo vocal y dramático. Verdi, obsesionado con la intensidad expresiva, hizo ensayar a la soprano más de 150 veces para el estreno en Florencia. No buscaba belleza convencional: exigía carácter, ferocidad, oscuridad, electricidad teatral. Nueva York, tan exigente como el propio Verdi, espera precisamente eso.

Y Davidsen lo tiene todo para incendiar el escenario.

Tras su deslumbrante Isolda en Barcelona —digna heredera del gran repertorio wagneriano— y su memorable Tosca y Leonora, la soprano se enfrenta ahora a un reto diferente: menos heroico y más venenoso; menos luminoso y más demoníaco. Su instrumento, amplio, férreo y noble, debe teñirse de sombras para encarnar a la ambiciosa y terrible esposa del tirano escocés. Las expectativas son altísimas. La emoción, incontenible.

Un linaje de diosas

Al aceptar este papel, Davidsen se une a un linaje legendario:

Elena Souliotis,

Birgit Nilsson,

Leonie Rysanek

Shirley Verrett,

Maria Guleghina,

Michèle Crider,

y, sobre todo en el imaginario colectivo, la inmortal Maria Callas.

Todas ellas han llevado a Lady Macbeth al Olimpo. Ahora, una nueva estrella está lista para ocupar su lugar.

Un elenco estelar para una noche histórica

La Orquesta del Met estará dirigida por su director musical, Yannick Nézet-Séguin, garantía de tensión dramática y sofisticación sonora.

El Macbeth de la noche será el reconocido barítono Quinn Kelsey, cuya potente voz y presencia escénica prometen una interpretación intensa y atormentada del ambicioso rey. Junto a él, el imponente Banquo de Ryan Speedo Green aportará profundidad y nobleza, mientras que Macduff será interpretado por Freddie De Tommaso y Rafael Dávila.

La nueva producción estará dirigida por Louisa Proske, con escenografía de Jon Bausor, vestuario de Montana Levi Blanco e iluminación de Adam Silverman. La coreografía estará a cargo de Jorrell Lawyer-Jefferson, la dirección de lucha de Ran Arthur Braun y el coro preparado por Tilman Michael.

La noche que hará historia

Todo Nueva York estará allí. Y medio planeta volará a Estados Unidos para ver el espectáculo del año. Los mejores asientos ya están codiciados. Porque esto no es solo el estreno de la temporada: es el logro supremo de una de las sopranos más aclamadas de la actualidad en uno de los papeles más extremos del repertorio. Mi grabación favorita es la de Maria Callas. Captura la ambición despiadada del personaje con ferocidad y profunda perspicacia psicológica, especialmente en arias como "La luce langue". Maria Callas no solo canta, sino que interpreta con una ferocidad y un matiz psicológico que hacen de Lady Macbeth un personaje inolvidable.

El 22 de septiembre de 2026 será una de esas fechas que, dentro de décadas, se recordará con un suspiro: "Yo estuve allí".

Y cuando Davidsen pronuncie su primer verso —oscuro, hipnótico, implacable—, sabremos que estamos presenciando el nacimiento de una nueva Lady Macbeth que perdurará para siempre.

Le 22 septembre 2026, aucun amateur d'opéra ne devrait se trouver qu'à Manhattan. Ce soir-là, le rideau se lèvera au Metropolitan Opera House pour inaugurer la saison avec un événement qui suscite déjà l'enthousiasme dans tous les milieux lyriques : les débuts de Lise Davidsen dans le rôle de Lady Macbeth.

Oui, c'est confirmé. La grande soprano norvégienne, l'une des voix les plus imposantes et admirées de notre époque, interprétera pour la première fois l'un des rôles les plus redoutables et fascinants jamais écrits par Giuseppe Verdi.

Lady Macbeth n'est pas un rôle ordinaire. C'est un abîme vocal et dramatique. Verdi, obsédé par l'intensité expressive, a fait répéter la soprano plus de 150 fois dès la première florentine. Il ne recherchait pas une beauté conventionnelle : il exigeait du caractère, de la férocité, de la noirceur, une énergie théâtrale. New York, aussi exigeante que Verdi lui-même, attend précisément cela.

Et Davidsen a tout ce qu'il faut pour embraser la scène.

Après son interprétation éblouissante d'Isolde à Barcelone – digne héritière du grand répertoire wagnérien – et ses Tosca et Leonora mémorables, la soprano se trouve face à un défi différent : moins héroïque et plus venimeux ; moins lumineux et plus démoniaque. Sa voix, ample, puissante et noble, doit se teinter d'ombres pour incarner l'épouse ambitieuse et terrible du tyran écossais. Les attentes sont immenses. L'émotion, incontrôlable.

Une lignée de déesses

En acceptant ce rôle, Davidsen rejoint une lignée légendaire :

Elena Souliotis,

Birgit Nilsson,

Leonie Rysanek

Shirley Verrett,

Maria Guleghina,

Michele Crider,

et, surtout dans l'imaginaire collectif, l'immortelle Maria Callas.

Toutes ont porté Lady Macbeth au firmament des étoiles. Désormais, une nouvelle étoile est prête à prendre sa place.

Une distribution exceptionnelle pour une soirée historique

L'Orchestre du Met sera dirigé par son directeur musical, Yannick Nézet-Séguin, gage d'une tension dramatique intense et d'une sonorité d'une grande finesse.

Le Macbeth de la soirée sera incarné par le prestigieux baryton Quinn Kelsey, dont la voix puissante et la présence scénique promettent une interprétation intense et tourmentée du roi ambitieux. À ses côtés, l'imposant Banquo de Ryan Speedo Green apportera profondeur et noblesse, tandis que Macduff sera interprété par Freddie De Tommaso et Rafael Davila.

Cette nouvelle production sera mise en scène par Louisa Proske, avec des décors de Jon Bausor, des costumes de Montana Levi Blanco et des lumières d'Adam Silverman. La chorégraphie sera signée Jorrell Lawyer-Jefferson, les combats par Ran Arthur Braun et les chœurs préparés par Tilman Michael.

La soirée qui entrera dans l'histoire

Tout New York sera présent. Et la moitié de la planète s'envolera pour les États-Unis afin de ne pas manquer le spectacle de l'année. Les meilleures places sont déjà réservées. Car il ne s'agit pas simplement d'une ouverture de saison : c'est le couronnement de l'une des sopranos les plus acclamées d'aujourd'hui, dans l'un des rôles les plus extrêmes du répertoire. Mon enregistrement préféré est celui de Maria Callas. Elle saisit l'ambition impitoyable du personnage avec une férocité et une profonde compréhension psychologique, notamment dans des airs comme « La luz langue ». Maria Callas ne se contente pas de chanter, elle interprète avec une intensité et une finesse psychologique qui font de Lady Macbeth un personnage inoubliable.

Le 22 septembre 2026 sera l'une de ces dates dont, dans des décennies, on se souviendra avec un soupir : « J'y étais.»

Et lorsque Davidsen prononcera sa première réplique – sombre, hypnotique, implacable –, nous saurons que nous assistons à la naissance d'une nouvelle Lady Macbeth, une incarnation de la légende.


Il 22 settembre 2026, non ci sarà posto al mondo in cui un amante dell'opera dovrebbe essere se non a Manhattan. Quella sera, il sipario del Metropolitan Opera House si alzerà per inaugurare la stagione con un evento che già suscita fervore in tutti i circoli operistici: il debutto di Lise Davidsen nei panni di Lady Macbeth.

Sì, è confermato. Il grande soprano norvegese, una delle voci più imponenti e ammirate del nostro tempo, interpreterà per la prima volta uno dei ruoli più temuti e affascinanti mai scritti da Giuseppe Verdi.

Lady Macbeth non è un ruolo qualunque. È un abisso vocale e drammatico. Verdi, ossessionato dall'intensità espressiva, fece provare il soprano della prima di Firenze più di 150 volte. Non cercava la bellezza convenzionale: esigeva carattere, ferocia, oscurità, elettricità teatrale. New York, esigente quanto Verdi stesso, si aspetta esattamente questo.

E Davidsen ha tutto ciò che serve per infiammare il palcoscenico.

Dopo la sua abbagliante Isotta a Barcellona – degna erede del grande repertorio wagneriano – e le sue memorabili Tosca e Leonora, il soprano si trova ora ad affrontare una sfida diversa: meno eroica e più velenosa; meno luminosa e più demoniaca. Il suo strumento, ampio, ferreo e nobile, deve tingersi di ombre per incarnare l'ambiziosa e terribile moglie del tiranno scozzese. Le aspettative sono altissime. L'emozione, incontenibile.

Una stirpe di dee

Accettando questo ruolo, Davidsen si unisce a una stirpe leggendaria:

Elena Souliotis, 

Birgit Nilsson,

Leonie Rysanek

Shirley Verrett,

Maria Guleghina,

Michele Crider,

e, soprattutto nell'immaginario collettivo, l'immortale Maria Callas.

Tutte loro hanno portato Lady Macbeth sull'Olimpo. Ora, una nuova stella è pronta a reclamare il suo posto.

Un cast stellare per una serata storica

La Met Orchestra sarà diretta dal suo direttore musicale, Yannick Nézet-Séguin, garanzia di tensione drammatica e raffinatezza sonora.

Il Macbeth della serata sarà il prestigioso baritono Quinn Kelsey, la cui voce potente e la cui presenza scenica promettono un'interpretazione intensa e tormentata dell'ambizioso re. Al suo fianco, l'imponente Banquo di Ryan Speedo Green porterà profondità e nobiltà, mentre Macduff sarà interpretato da Freddie De Tommaso e Rafael Davila.

La nuova produzione sarà diretta da Louisa Proske, con le scene di Jon Bausor, i costumi di Montana Levi Blanco e le luci di Adam Silverman. Le coreografie saranno di Jorrell Lawyer-Jefferson e la direzione dei combattimenti di Ran Arthur Braun, con il coro preparato da Tilman Michael.

La notte che farà la storia

Tutta New York sarà presente. E metà del pianeta volerà negli Stati Uniti per non perdersi lo spettacolo dell'anno. I posti migliori sono già ambiti. Perché questa non è solo un'inaugurazione di stagione: è il coronamento di uno dei soprani più acclamati di oggi in uno dei ruoli più estremi del repertorio. La mia registrazione preferita è quella di Maria Callas. Cattura l'ambizione spietata del personaggio con ferocia e profonda comprensione psicologica, soprattutto in arie come "La luce langue". Maria Callas non solo canta, ma interpreta con una ferocia e una sfumatura psicologica che rendono Lady Macbeth un personaggio indimenticabile.

Il 22 settembre 2026 sarà una di quelle date che, tra decenni, saranno ricordate con un sospiro: "Io c'ero".

E quando Davidsen pronuncerà la sua prima battuta – cupa, ipnotica, implacabile – sapremo che stiamo assistendo alla nascita di una nuova Lady Macbeth che resterà per sempre.


Saturday, February 7, 2026

Madrid - Lisette Oropesa - I Masnadieri - 10 & 14 Feb 2026




















Teatro Real de Madrid - 11 de marzo de 1854 - Estreno de I Masnadieri

Quel cadeau extraordinaire nous offre le Teatro Real avec I masnadieri, un opéra de jeunesse de Verdi débordant de passion, de fougue romantique et de mélodies qui annoncent déjà le génie immense qui allait conquérir le monde. L'écouter aujourd'hui, en version de concert et avec une distribution aussi éblouissante, c'est presque comme ouvrir une fenêtre sur le XIXe siècle et ressentir à nouveau cette sensation vertigineuse de découverte qu'ont dû éprouver les premiers auditeurs de Verdi.

Et au cœur de tout cela, comme hier et aujourd'hui, une soprano exceptionnelle.

Lisette Oropesa, étoile rayonnante de notre époque, arrive à Madrid après son triomphe historique au Metropolitan Opera de New York avec I puritani. Sa voix lumineuse et souple, avec ses aigus célestes et son phrasé exquis, semble faite pour le bel canto et pour ces héroïnes romantiques qui vivent au milieu de l'amour, du sacrifice et de la tragédie. Quand elle chante, le temps s'arrête : il y a pureté, émotion et une beauté qui touche profondément l'auditeur.

Ce n'est pas un hasard si l'on évoque inévitablement la légendaire Jenny Lind, l'immortelle « Rossignol suédois ».

Jenny Lind était bien plus qu'une grande chanteuse : elle était un phénomène artistique et social sans précédent. Née en 1820, dotée d'une voix prodigieuse dès son enfance, elle se forma auprès de Manuel García à Paris, qui lui transmit une technique de bel canto solide et saine, fondement de son miracle vocal. Elle conquit rapidement l'Europe : Berlin, Vienne, toute l'Allemagne, avec des rôles tels que Norma, Lucia, Amina, Alice dans Robert le diable, et tant d'héroïnes qui semblaient écrites pour elle.

Les grands compositeurs la vénéraient : Meyerbeer, Mendelssohn, Schumann, Berlioz. Non seulement pour sa voix – considérée comme la plus belle de son temps – mais aussi pour son extraordinaire talent dramatique. Jenny ne se contentait pas de chanter : elle vivait chaque personnage avec une intensité qui faisait pleurer le public.

Et Londres était sous son charme.

En 1847, il y fit ses débuts dans Robert le diable, et ce fut un véritable triomphe. La reine Victoria assista à toutes les représentations, seize soirs de suite, un événement sans précédent dans l'histoire de l'opéra. La société londonienne bruissait de paroles sur le Rossignol suédois.

C'est alors que l'impresario Benjamin Lumley commanda à Verdi un nouvel opéra pour son théâtre. Et Verdi, conscient d'avoir devant lui la soprano la plus admirée au monde, composa I masnadieri en pensant à sa voix. Il se rendit personnellement à Londres, écouta Jenny Lind, adapta le rôle d'Amalia à ses capacités vocales, dirigea la première le 22 juillet 1847… et le succès fut retentissant. La Reine, le Prince Albert, le Duc de Wellington et toute l'aristocratie britannique étaient présents pour célébrer une soirée historique.

Ainsi naquit I masnadieri : dans la gloire, l'attente et avec une soprano légendaire.

Et aujourd'hui, près de deux siècles plus tard, cette magie renaît.

Car lorsque Lisette Oropesa chante Amalia, il est impossible de ne pas ressentir ce lien invisible qui unit passé et présent. Son timbre pur, sa technique impeccable, sa musicalité d'une finesse exquise et sa puissance expressive font revivre l'idéal de la soprano accomplie incarné par Jenny Lind. Toutes deux possèdent cette rare combinaison de virtuosité, d'émotion et de lumière intérieure qui rend chaque phrase inoubliable.

Sous la direction de Francesco Lanzillotta, avec le Chœur du Teatro Real préparé par José Luis Basso et une distribution aussi prestigieuse – Vinogradov, Pretti, Olivieri et bien d'autres –, ces représentations promettent d'être bien plus que de simples concerts : de véritables événements verdiens.

Écouter I masnadieri aujourd'hui, c'est revivre un opéra né pour une diva légendaire… interprété par une diva de notre temps.

Comme si l'écho du Londres de 1847 résonnait à nouveau à Madrid.

Comme si le rossignol suédois chantait à nouveau, incarné cette fois par la voix lumineuse de Lisette Oropesa.

Une soirée chargée d'histoire, d'émotion et de pure beauté.


Qué regalo tan extraordinario el que nos ofrece el Teatro Real con I masnadieri, una ópera de juventud de Verdi cargada de pasión, fuego romántico y melodías que ya anuncian al gran genio que estaba por conquistar el mundo. Escucharla hoy, en versión concierto y con un reparto tan deslumbrante, es casi como abrir una ventana al siglo XIX y sentir de nuevo ese vértigo de descubrimiento que debieron vivir los primeros oyentes de Verdi.

Y en el centro de todo, como entonces y como ahora, una gran soprano.

Lisette Oropesa —radiante estrella de nuestro tiempo— llega a Madrid tras su triunfo histórico en el Metropolitan de Nueva York con I puritani. Su voz luminosa, flexible, de agudos celestiales y fraseo exquisito parece hecha para el bel canto y para estas heroínas románticas que viven entre el amor, el sacrificio y la tragedia. Cuando canta, el tiempo se detiene: hay pureza, emoción y una belleza que conmueve profundamente.

No es casual que evoque inevitablemente a la legendaria Jenny Lind, la inmortal “ruiseñor sueca”.

Jenny Lind fue mucho más que una gran cantante: fue un fenómeno artístico y social como el mundo no había conocido antes. Nacida en 1820, dotada de una voz prodigiosa desde niña, se formó con Manuel García en París, quien le dio una técnica de bel canto sólida y saludable que sería la base de su milagro vocal. Pronto conquistó Europa: Berlín, Viena, Alemania entera, con papeles como Norma, Lucia, Amina, Alice de Robert le diable, y tantas heroínas que parecían escritas para su sensibilidad.

Los grandes compositores la veneraban: Meyerbeer, Mendelssohn, Schumann, Berlioz. No solo por su voz —considerada la más bella de su tiempo— sino por su extraordinaria capacidad dramática. Jenny no solo cantaba: vivía cada personaje con una intensidad que hacía llorar a los teatros.

Y Londres cayó rendida a sus pies.

En 1847 debutó allí con Robert le diable y fue una auténtica locura colectiva. La reina Victoria asistió a función tras función, dieciséis noches seguidas, algo jamás repetido en la historia de la ópera. La sociedad londinense no hablaba de otra cosa que del ruiseñor sueco.

Fue entonces cuando el empresario Benjamin Lumley encargó a Verdi una nueva ópera para su teatro. Y Verdi, consciente de que tenía ante sí a la soprano más admirada del mundo, escribió I masnadieri pensando en su voz. Viajó personalmente a Londres, escuchó a Jenny Lind, adaptó el papel de Amalia a sus cualidades, dirigió el estreno el 22 de julio de 1847… y el éxito fue clamoroso. Allí estaban la reina, el príncipe Alberto, el duque de Wellington y toda la aristocracia británica celebrando una noche histórica.

I masnadieri nació así: entre gloria, expectación y una soprano legendaria.

Y hoy, casi dos siglos después, esa magia vuelve a renacer.

Porque cuando Lisette Oropesa canta Amalia, es imposible no sentir ese hilo invisible que une pasado y presente. Su timbre puro, su técnica impecable, su musicalidad refinadísima y su capacidad expresiva nos devuelven ese ideal de soprano total que encarnó Jenny Lind. Ambas poseen esa rara combinación de virtuosismo, emoción y luz interior que convierte cada frase en algo inolvidable.

Con la dirección de Francesco Lanzillotta, el Coro del Teatro Real preparado por José Luis Basso, y un elenco tan sólido —Vinogradov, Pretti, Olivieri y compañía— estas funciones prometen ser mucho más que conciertos: serán auténticos acontecimientos verdianos.

Escuchar I masnadieri hoy es revivir una ópera nacida para una diva legendaria… en la voz de una diva de nuestro tiempo.

Como si el eco del Londres de 1847 regresara a Madrid.

Como si el ruiseñor sueco volviera a cantar, transformado ahora en la luminosa voz de Lisette Oropesa.

Una noche de historia, emoción y belleza pura. 



London had not slept.

From Mayfair to Covent Garden, from drawing rooms glowing with candlelight to newspapers still warm from the press, a single name was on every tongue:

Jenny Lind.

The Swedish Nightingale.

And now — joined with another rising legend — Giuseppe Verdi himself.

Never before had the city felt such anticipation for an operatic premiere.

Her Majesty’s Theatre shimmered beneath the summer sky, its façade blazing with gaslight, carriages arriving in an endless golden procession. Silk gowns whispered over marble steps. Gentlemen in black tailcoats adjusted white gloves with trembling excitement. Jewels sparkled like constellations in the warm London air.

This was not merely an opera.

It was an event of history.

Benjamin Lumley, the impresario who had already triumphed with Ernani, had persuaded Verdi to compose a brand-new work especially for London — and especially for Jenny Lind. The composer had crossed Europe for it, traveling from Italy through Paris and over the Channel, eager to hear the legendary soprano with his own ears and reshape the role of Amalia to the miraculous qualities of her voice.

Verdi arrived in London in early June. He listened to Lind rehearse.

And like Meyerbeer before him, he was astonished.

Her tone possessed a purity that seemed almost supernatural — silver-bright, effortless in the high register, yet warm with human emotion. He adjusted phrases, refined melodic lines, and molded the role so that her voice could soar like the nightingale she was named for.

Now — after weeks of rehearsals — the moment had come.

Inside the theatre, every seat was filled.

Not merely with audiences — but with the heart of the British Empire.

In the royal box sat Queen Victoria herself beside Prince Albert, both radiant with expectation. Nearby were dukes, ministers, generals, ambassadors, the glittering elite of Victorian society. Even the Duke of Wellington was present. London’s aristocracy had gathered as if for a coronation.

When the house lights softened, a hush swept through the hall.

And then — a stir.

The orchestra rose.

At the podium stood Giuseppe Verdi.

Not a guest conductor.

Not a symbolic presence.

The composer himself would conduct the world premiere of his new opera:

I Masnadieri.

Applause erupted like thunder.

Verdi bowed briefly — serious, intense, his dark eyes already burning with concentration — then lifted his baton.

Silence.

The first chords burst forth.

Music filled the theatre with dramatic urgency — stormy, youthful, passionate — the sound of a composer on the brink of greatness.

And then she appeared.

Jenny Lind.

The moment her voice floated into the hall, something extraordinary happened.

Conversation ceased.
Fans froze mid-breath.
Even royalty leaned forward.

Her sound was not merely beautiful — it seemed to glow.

Clear as crystal, soft as moonlight, powerful as a rising tide.

When she sang Amalia’s great phrases of longing and sorrow, the audience was visibly moved. Ladies dabbed tears behind lace handkerchiefs. Gentlemen stared in awe. Some whispered prayers of disbelief.

Verdi himself, conducting, could hardly conceal his emotion.

This was why he had written the role this way.
This was the voice he had imagined.

Act after act unfolded in mounting passion — brother against brother, love against fate, freedom against doom — Verdi’s youthful fire blazing through every ensemble and chorus.

But always, at the emotional heart of the drama, stood Jenny Lind.

Her pianissimi floated like breath itself.
Her high notes rang like bells in a cathedral.
Her acting — tender, tragic, deeply human — transformed opera into living drama.

By the final curtain, the theatre exploded.

Applause crashed like waves against cliffs.

Shouts of “Brava! Bravissima!” echoed from every tier. Hats were flung into the air. Canes struck the floor in thunderous rhythm.

The Queen herself applauded enthusiastically — a rare and powerful gesture.

Prince Albert turned to those beside him in admiration.

Verdi was called to the stage again and again.

Jenny Lind was summoned endlessly — each time greeted with even greater frenzy.

London had witnessed something unforgettable.

The newspapers would write the next morning that society spoke of nothing else. That the opera was a triumph. That Verdi was a genius. That Jenny Lind was not merely a singer, but a miracle.

And Queen Victoria would return — not once, not twice — but sixteen times, attending performance after performance, drawn back by the spell of the Swedish Nightingale.

No soprano before or since would ever inspire such devotion from a monarch.


Queen Victoria - 1847


From Jenny Lind to Lisette Oropesa

Nearly two centuries later, the spirit of that night lives again.

When Lisette Oropesa sings Amalia today, we hear that same lineage of vocal purity, emotional truth, and luminous bel canto artistry. Like Jenny Lind, she unites flawless technique with heartfelt expression. Like Jenny Lind, she makes audiences fall silent in wonder — then erupt in joy.

And as the Teatro Real presents I Masnadieri once more, history circles back upon itself.

The opera born for the world’s greatest soprano of the 19th century now finds its voice in one of the greatest sopranos of our own time.

A bridge across centuries.

A flame passed from legend to legend.

From the gaslit brilliance of Her Majesty’s Theatre in 1847…
to the glowing stage of Madrid today.

And once again, Verdi’s music soars — carried by a voice that makes us dream.

Quel cadeau extraordinaire nous offre le Teatro Real avec I masnadieri, un opéra de jeunesse de Verdi débordant de passion, de fougue romantique et de mélodies qui annoncent déjà le génie immense qui allait conquérir le monde. L'écouter aujourd'hui, en version de concert et avec une distribution aussi éblouissante, c'est presque comme ouvrir une fenêtre sur le XIXe siècle et ressentir à nouveau cette sensation vertigineuse de découverte qu'ont dû éprouver les premiers auditeurs de Verdi.

Et au cœur de tout cela, comme hier et aujourd'hui, une soprano exceptionnelle.

Lisette Oropesa, étoile rayonnante de notre époque, arrive à Madrid après son triomphe historique au Metropolitan Opera de New York avec I puritani. Sa voix lumineuse et souple, avec ses aigus célestes et son phrasé exquis, semble faite pour le bel canto et pour ces héroïnes romantiques qui vivent au milieu de l'amour, du sacrifice et de la tragédie. Quand elle chante, le temps s'arrête : il y a pureté, émotion et une beauté qui touche profondément l'auditeur.

Ce n'est pas un hasard si l'on évoque inévitablement la légendaire Jenny Lind, l'immortelle « Rossignol suédois ».

Jenny Lind était bien plus qu'une grande chanteuse : elle était un phénomène artistique et social sans précédent. Née en 1820, dotée d'une voix prodigieuse dès son enfance, elle se forma auprès de Manuel García à Paris, qui lui transmit une technique de bel canto solide et saine, fondement de son miracle vocal. Elle conquit rapidement l'Europe : Berlin, Vienne, toute l'Allemagne, avec des rôles tels que Norma, Lucia, Amina, Alice dans Robert le diable, et tant d'héroïnes qui semblaient écrites pour elle.

Les grands compositeurs la vénéraient : Meyerbeer, Mendelssohn, Schumann, Berlioz. Non seulement pour sa voix – considérée comme la plus belle de son temps – mais aussi pour son extraordinaire talent dramatique. Jenny ne se contentait pas de chanter : elle vivait chaque personnage avec une intensité qui faisait pleurer le public.

Et Londres était sous son charme.

En 1847, il y fit ses débuts dans Robert le diable, et ce fut un véritable triomphe. La reine Victoria assista à toutes les représentations, seize soirs de suite, un événement sans précédent dans l'histoire de l'opéra. La société londonienne bruissait de paroles sur le Rossignol suédois.

C'est alors que l'impresario Benjamin Lumley commanda à Verdi un nouvel opéra pour son théâtre. Et Verdi, conscient d'avoir devant lui la soprano la plus admirée au monde, composa I masnadieri en pensant à sa voix. Il se rendit personnellement à Londres, écouta Jenny Lind, adapta le rôle d'Amalia à ses capacités vocales, dirigea la première le 22 juillet 1847… et le succès fut retentissant. La Reine, le Prince Albert, le Duc de Wellington et toute l'aristocratie britannique étaient présents pour célébrer une soirée historique.

Ainsi naquit I masnadieri : dans la gloire, l'attente et avec une soprano légendaire.

Et aujourd'hui, près de deux siècles plus tard, cette magie renaît.

Car lorsque Lisette Oropesa chante Amalia, il est impossible de ne pas ressentir ce lien invisible qui unit passé et présent. Son timbre pur, sa technique impeccable, sa musicalité d'une finesse exquise et sa puissance expressive font revivre l'idéal de la soprano accomplie incarné par Jenny Lind. Toutes deux possèdent cette rare combinaison de virtuosité, d'émotion et de lumière intérieure qui rend chaque phrase inoubliable.

Sous la direction de Francesco Lanzillotta, avec le Chœur du Teatro Real préparé par José Luis Basso et une distribution aussi prestigieuse – Vinogradov, Pretti, Olivieri et bien d'autres –, ces représentations promettent d'être bien plus que de simples concerts : de véritables événements verdiens.

Écouter I masnadieri aujourd'hui, c'est revivre un opéra né pour une diva légendaire… interprété par une diva de notre temps.

Comme si l'écho du Londres de 1847 résonnait à nouveau à Madrid.

Comme si le rossignol suédois chantait à nouveau, incarné cette fois par la voix lumineuse de Lisette Oropesa.

Une soirée chargée d'histoire, d'émotion et de pure beauté.

What an extraordinary gift the Teatro Real offers us with I masnadieri, an early Verdi opera brimming with passion, romantic fire, and melodies that already foreshadow the great genius who was about to conquer the world. Listening to it today, in concert version and with such a dazzling cast, is almost like opening a window to the 19th century and feeling once again that dizzying sense of discovery that Verdi's first listeners must have experienced.

And at the heart of it all, as then and as now, a great soprano.

Lisette Oropesa—a radiant star of our time—arrives in Madrid after her historic triumph at the Metropolitan Opera in New York with I puritani. Her luminous, flexible voice, with its celestial high notes and exquisite phrasing, seems made for bel canto and for these romantic heroines who live amidst love, sacrifice, and tragedy. When she sings, time stands still: there is purity, emotion, and a beauty that deeply moves the listener.

It is no coincidence that it inevitably evokes the legendary Jenny Lind, the immortal “Swedish Nightingale.”

Jenny Lind was much more than a great singer: she was an artistic and social phenomenon the world had never known before. Born in 1820, gifted with a prodigious voice from childhood, she trained with Manuel García in Paris, who gave her a solid and healthy bel canto technique that would become the foundation of her vocal miracle. She soon conquered Europe: Berlin, Vienna, all of Germany, with roles like Norma, Lucia, Amina, Alice in Robert le diable, and so many heroines that seemed written for her sensibility.

The great composers revered her: Meyerbeer, Mendelssohn, Schumann, Berlioz. Not only for her voice—considered the most beautiful of her time—but for her extraordinary dramatic ability. Jenny didn't just sing: she lived each character with an intensity that brought tears to theaters.

And London fell at her feet.

In 1847, he debuted there with Robert le diable, and it was a veritable collective sensation. Queen Victoria attended performance after performance, sixteen nights in a row, something never before repeated in the history of opera. London society was abuzz with talk of the Swedish Nightingale.

It was then that the impresario Benjamin Lumley commissioned Verdi to write a new opera for his theater. And Verdi, aware that he had before him the most admired soprano in the world, wrote I masnadieri with her voice in mind. He traveled to London personally, listened to Jenny Lind, adapted the role of Amalia to her vocal abilities, conducted the premiere on July 22, 1847… and the success was resounding. The Queen, Prince Albert, the Duke of Wellington, and the entire British aristocracy were there, celebrating a historic night.

I masnadieri was thus born: amidst glory, anticipation, and a legendary soprano.

And today, almost two centuries later, that magic is reborn.

Because when Lisette Oropesa sings Amalia, it's impossible not to feel that invisible thread that connects past and present. Her pure timbre, her impeccable technique, her exquisitely refined musicality, and her expressive power bring back that ideal of the complete soprano embodied by Jenny Lind. Both possess that rare combination of virtuosity, emotion, and inner light that makes every phrase unforgettable.

With Francesco Lanzillotta conducting, the Teatro Real Chorus prepared by José Luis Basso, and such a solid cast—Vinogradov, Pretti, Olivieri, and company—these performances promise to be much more than concerts: they will be true Verdi events.

Listening to I masnadieri today is to relive an opera born for a legendary diva… in the voice of a diva of our time.

As if the echo of London in 1847 were returning to Madrid.

As if the Swedish nightingale were singing again, now transformed into the luminous voice of Lisette Oropesa.

A night of history, emotion, and pure beauty.












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